Le royalisme social

Site documentaire sur l'histoire de la politique sociale royaliste en France.

06 juin 2006

Les Lettres du Comte de Chambord

  Il était tout naturel que le petit-fils de Charles X, Mgr le Comte de Chambord, soit resté fidèle, sur ce point comme sur les autres, à la tradition capétienne, et celui qui fut Henri V n'attendit pas l'année 1865 pour manifester publiquement son souci du sort des travailleurs. Il n'a que vingt-quatre ans lorsqu'il écrit le 11 octobre 1844 au vicomte du Bouchage, membre de la Chambre des Pairs : " Monsieur le Vicomte, je profite d'une occasion sûre pour vous remerciez des deux mémoires que vous m'avez envoyés. Je les ai lus avec d'autant plus d'intérêt et d'attention que je m'occupe moi-même de ces graves et importantes questions qui doivent exercer dans l'avenir une si grande influence sur la destinée des nations. Je regarde comme un devoir d'étudier dès à présent tout ce qui se rattache à l'organisation du travail et à l'amélioration du sort des classes laborieuse."

  Il a 35 ans lorsqu'il écrit, le 13 janvier 1855, à un autre correspondant: "...Quant aux associations ouvrières, elles ont pris depuis plusieurs années un développement qui n'a point échappé à mon attention. En se formant dans des idées d'ordre, de moralité, d'assistance mutuelle, en régularisant leur existence sous l'autorité tutélaire des lois, et en évitant, avec les abus du monopole qui, à une autre époque, amenèrent la suppression des anciens corps de métiers, tout ce qui pourrait en faire des instruments de troubles et de révolutions, ces associations constitueront de plus en plus des intérêts collectifs sérieux qui auront naturellement droit à être représentés et entendus pour pouvoir être suffisamment protégés..."

  Lorsqu'il écrit, le 20 avril 1865, cette Lettre publique sur les ouvriers qui fit si grande et si féconde impression sur l'esprit d'un La Tour du Pin et d'un Albert de Mun, le Comte de Chambord a atteint la plénitude de l'âge mûr, et cet important document a le ton des réflexions longuement méditées:

Lettre publique sur les ouvriers

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"RERUM NOVARUM" de Leon XIII

Le pape Léon XIII (1878-1903) promulgue l'encyclique Rerum Novarum (Les Choses Nouvelles) sur la question sociale. En avance sur la plupart des responsables de son époque, il dénonce la concentration des richesses entre les mains de la bourgeoisie, mais aussi la prétention des socialistes à vouloir supprimer la propriété. Il condamne aussi les patrons qui versent des salaires insuffisants et affirme le droit des ouvriers à se syndiquer. Ses initiatives lui vaudront le surnom de "pape des ouvriers".

ATTENTION! L'encyclique est assez longue à lire, il est conseillé de prendre son temps ou d'imprimer!

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07 juin 2006

Décret d'ALLARDE et loi LE CHAPELIER

  La révolution Française ne fut pas du tout, comme on l'affirme mensongèrement dans les écoles républicaines, une révolution du Peuple.

  Elaborée au départ dans des officines maçonniques et des "Sociétés de Pensées" composées en grande partie de gens de noblesse, c'est la bourgeoisie d'affaires voltairienne et nantie qui fut le ferment, le moteur et - finalement - la seule bénéficiaire de ce coup de force perpétré contre un régime politique qui refusait traditionnellement d'admettre l'exclusive suprématie des "gagneurs d'or" sur les représentants de toutes les autres valeurs matérielles et spirituelles de la Nation.
  La preuve irréfutable de ce que nous écrivons ci-dessus se trouve inscrite, noir sur blanc, dans un décret pris par l'Assemblée Constituante le 14 Juin 1791, décret connu sous le nom de Loi LE CHAPELIER.

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Isaac LE CHAPELIER

Voici les termes exacts de ce décret:

ARTICLE PREMIER

"L'anéantissement de toutes les espèces de Corporations d'un même état et profession étant une des bases fondamentales de la Constitution Française, il est défendu de les rétablir sous quelque prétexe et quelque forme que ce soit."

ARTICLE SECOND

"Les citoyens d'un même état ou profession, les entrepreneurs, ceux qui ont boutique ouverte ne pourront, lorsqu'ils se trouveront ensemble, se nommer ni présidents, ni secrétaires, ni syndics, tenir des registres, prendre des arrêtés ou délibération, former des règlements SUR LEURS PRÉTENDUS INTERÊTS COMMUNS."

  En clair, et par ces quelques lignes, les soi-disant champions le LA Liberté (abstraite) étranglaient, purement et simplement, LES Libertés (concrètes) de tous les travailleurs de France, lesquels pouvaient désormais  être exploités, bafoués et maltraités à l'aise par la bourgeoisie d'affaires, sans avoir le droit de se réunir entre eux...ni même celui de tenir le moindre registre exposant leurs doléances.
   ...Il a fallut ensuite, à la classe ouvrière, plus d'un siècle de luttes farouches et souvent meurtrières pour retrouver le droit de "se nommer syndics" c'est-à-dire de se syndiquer.

  Elle n'a, du reste, pû y parvenir qu'en faisant surgir des syndicats politisés...et des syndicats patronaux, d'où d'inépuisables luttes d'influences, ainsi que des ruineuses luttes de classes dont seuls profitent les agitateurs professionnels, les politicards de tout poil et, surtout...les hautes puissances plus ou moins occultes de la Super-Finance internationale.

  C'est donc, à partir de ces faits historiques et non pas des élucubrations mensongères et intéressées des héritiers matériels et intellectuels de la Révolution, que le Corporatisme entend examiner objectivement et sans préjugé les problèmes sociaux et économique de notre temps.

  C'est également, à partir de ces faits, qui sont à l'origine de la Société matérialiste et des collectivismes financiers privés et marxistes dont l'Occident Chrétien souffre et vacille aujourd'hui, que le Corporatisme tient à tirer des conclusions et à apporter des solutions qui lui semblent valables.

  Cette Loi LE CHAPELIER, ne sera que le complément d'un décret voté le 2 mars 1791 sous la proposition de Pierre D'ALLARDE.
Le décret d’Allarde supprime les corporations, introduisant un changement radical dans l’économie et l’organisation du travail. Les corporations étaient des regroupements de personnes exerçant le même métier. Cette structure née au Moyen-Âge permettait à un corps de métiers d’exercer un monopole par secteur, souvent par ville, et d’avoir un certain poids politique. Mais elle subissait depuis le début du siècle la concurrence avec un modèle industriel capitaliste reposant sur la libre concurrence. Renforcée par la loi Le Chapelier, ce décret permet ainsi de modifier l’économie (capitaliste) ainsi que le statut de l’employé (prolétaire). La loi Le Chapelier sera aussi l’occasion d’interdire le droit de grève.

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François René de la TOUR du PIN (1834-1924)

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  Le lieutenant colonel René de la Tour du Pin Chambly, marquis de la Charce, est né le 1er avril 1834 à Arrancy, non loin de Laon en Picardie.

Il est issu d’une vieille famille dauphinoise, catholique et royaliste, il entre à Saint-Cyr en 1852. Jeune officier, il sert sous le Second Empire en Crimée, en Italie et en Algérie avant de participer à la guerre contre la Prusse en 1870. Fait prisonnier cette même année, lors de la chute de Metz, il sympathise en captivité avec Albert de Mun. En septembre 1871, de la Commune, alors qu’il est encore capitaine aide de camp du gouverneur militaire de Paris, il s’engage, à la demande de Maurice Maignen (des Frères de Saint Vincent de Paul) dans l’ « Œuvre des cercles catholiques d’ouvriers » avec son ami de Mun. Son action est alors inspirée des travaux de Frédéric Le Play. En 1877 il est nommé attaché militaire en Autriche Hongrie et rencontre le « comte de Chambord », prétendant légitimiste au trône de France, dans son exil de Frohsdorf. À Vienne il est également marqué par l’influence des catholiques sociaux autrichiens, le plus représentatif d’entre eux étant le baron Karl von Vogelsang (1818-1890) qui anime la revue Vaterland. En 1881, il démissionne de l’Armée et se retire sur ses terres d’Arrancy, dont il sera maire. À la mort du  comte de Chambord, en 1883, La Tour du Pin reporte logiquement sa fidélité royaliste sur l'aîné des Orléans, Philippe d’Orléans,  comte de Paris  qu’il rencontre à Eu. Au début 1885, de passage à Rome, il est reçu par le Pape Léon XIII. En 1891, contrairement à Albert de Mun, il refuse le Ralliement des catholiques français à la République. Le futur maréchal Lyautey, qui publie au même moment son Rôle social de l’officier, largement inspiré de l’expérience des « cercles catholiques » demeurera pareillement fidèle à ses idées royalistes. En 1892 le marquis épouse sa cousine, Marie de La Tour du Pin Montauban. La même année, il rencontre pour la première fois le jeune Charles Maurras, encore républicain, amorce d’une correspondance qui devait se poursuivre jusqu’à la mort du colonel. Une fois l’Action française fondée en 1899, La Tour du Pin apporte son concours. Il livrera ainsi trois études à la Revue grise d’AF entre 1904 et 1906, sur la noblesse, la représentation professionnelle et l’organisation territoriale de la France. En 1907 il publie son maître livre, imposant recueil d’articles écrits à partir de 1882 : Vers un ordre social chrétien. Le marquis René de La Tour du Pin meurt à Lausanne le 4 décembre 1924 à 90 ans révolus.

L’ Action française constituera la principale postérité de la pensée de La Tour du Pin. Comme dira Charles Maurras : « Ce n’est pas La Tour du Pin qui est à l’Action française, c’est l’Action française qui est de La Tour du Pin. » La pensée de la Tour du Pin marquera également le général de Gaulle. En 1970, Edmond Michelet, ministre du général, faisait remarquer à ce sujet « s’il est un personnage que le général de Gaulle connaît mieux que Marx, c’est peut être le très ignoré aujourd’hui La Tour du Pin »

  La Tour du Pin et Albert de Mun sont les grands représentants de l'école des catholiques sociaux. Tous deux s'inspirent dans leurs écrits et dans leur action des travaux de Frédéric Le Play et puisent leur sagesse dans les enseignements spirituels et sociaux de l'Eglise.

  La contribution de marquis de La Tour du Pin à la Contre-Révolution réside essentiellement dans sa doctrine économique et sociale.
  Le fil conducteur de cette doctrine est à chercher, comme il en fait la remarque, dans la lutte acharnée qu'il a menée contre le libéralisme sous toutes ses formes et principalement contre sa forme économique. Il a condensé l'essentiel de sa pensée dans un maître-ouvrage intitulé :  "Jalon de route vers un ordre social chréien".

  Partageant avec son maître Le Play la conviction que "la vie sociale de l'homme se meut autour d'un axe dont les deux pôles sont le foyer et le métier",  le marquis et colonel de la Tour du Pin en a justement déduit que le régime d'économie libérale, qui se fonde sur la loi de l'offre et de la demande, aussi bien en matière d'emploi qu'en matière de ventes et d'achats, " fonctionne à l'inverse de la loi naturelle et divine" .

  Cette erreur, au sujet de la loi de l'offre et de la demande, est bien le signe que l'économie d'inspiration libérale repose sur des principes aussi néfastes que faux. Le libéralisme se trompe, en effet, dès l'origine, quand il définit l'économie comme " chrématistique ", c'est-à-dire comme science des richesse car il méconnait ainsi la finalité profonde du travail humain. Le véritable objet de l'économie n'est pas exclusivement ni direstement la richesse mais l'homme car " le travail n'a pas pour but la production des richesses mais la sustentation de l'homme " . Il est vrai qu'en définissant ainsi la science économique les libéraux ne commettent pas une simple erreur, ils procèdent à une opération de diversion et de camouflage car " que signifient dans la vie économique la liberté du travail, la liberté du commerce, la liberté de la propriété, si ce n'est la facilité au déchaînement de toutes les cupidités contre toutes les faiblesses " ?

  Comme tous les grands contre-révolutionnaires, La Tour du Pin voit dans l'individualisme la racine du libéralisme. Son originalité consiste à mettre en relation l'individualisme libéral avec une certaine conception matérialiste de la propriété.

  Il en résulte que la lutte contre  le libéralisme doit passer par le rejet des " erreurs philosophiques, politiques et économiques dont le capitalisme nous a empoisonnés ".
  A cette conception de la propriété, il est indispensable d'opposer la conception traditionnelle et chrétienne que le jeune La Tour du Pin avait reçue de son père et fidèlement gardée : " Rappelle-toi toujours que tu ne seras que l'adminastrateur de cette terre pour ses habitants " .

  La solution que La Tour du Pin préconise pour mettre un terme à la question sociale ne consiste évidemment pas à remplacer le libéralisme par le socialisme qui n'en est, à ses yeux, que le " contre-coup " et l'insupportable aggravation.
  Elle ne consiste pas davantage dans une attitude exclusivement morale, comme l'était encore le patronage de son maître Le Play, mais dans l'instauration d'un régime corporatiste moderne.

  Grâce à La Tour du Pin, les Français devraient aujourd'hui savoir qu'il existe, non pas deux, mais trois écoles d'économie politique :
" celle où l'on considère l'homme comme une chose ",
   
c'est le libéralisme,
" celle où on le considère
comme une bête ",
   c'est le socialisme,
" celle ou on le considère comme un frère ",
   il s'agit alors du corporatisme.

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Albert de MUN (1841-1914)

  Albert de MUN est un disciple de la Tour du Pin. C'est un homme politique, un tribun, " le meilleur orateur du parlement " disait Viviani, son adversaire.

  Le comte Albert de Mun a retracé son itinéraire intellectuel et les phases de son action politique et sociale ainsi que l'histoire de l'école du catholicisme social dans un livre intitulé " Ma vocation sociale " .
  Ce livre nous apprend que de ses principaux maîtres à penser furent des auteurs contre-révolutionnaires : Joseph de Maistre et Louis de Bonald, le publiciste Louis Veuillot, qu'il connut et fréquenta, et, bien entendu, Frédéric Le Play et son ami, le marquis de La Tour du Pin.

  Toutefois, les deux hommes qui décidèrent finalement de son engagement social n'étaient pas de purs intellectuels mais des hommes d'action, des hommes de Dieu.
  Le premier est Maurice Maignen, membre de la Congrégation des frères Saint-Vincent de Paul et directeur du cercle des jeunes ouvriers du boulevard Montparnasse. L'impression que Maurice Maignen exerça sur le jeune Albert de Mun, lors de leur première entrevue, fut absolument inoubliable : " Du premier regard, il prit possession de mon âme ". (Ma vocation sociale, ch. III)

  Les paroles qu'il prononça à cette occasion restèrent gravées, elles aussi, dans sa mémoire et lui donnèrent l'impulsion décisive : " Il ne demandait plus l'aumône, il enseignait l'amour, et il ordonnait le dévouement " . Le conseil qu'il lui donna en guise de conclusion à ses propos, servit de guide à l'ensemble de son action : " Allez au peuple " !

  Le second de ces hommes de Dieu est Sa Sainteté le pape Léon XIII. Lors d'une audience qu'il lui avait acoordée au Vatican, Léon XIII adressa à Albert de Mun cette demande solennelle et pressante, demande qui devait avoir à son tour une importance considérable dans sa vie pratique : " Promettez d'être toujours un fidèle défenseur de l'Église ! "
  Ce qu'il fit, d'un seul élan, notre futur tribun : " Je prononçai ce serment du fond du coeur " .

  Fort de ses connaissances doctrinales et de l'appui de ces deux hommes à l'ascendant extraordinaire, Albert de Mun put faire entendre sa voix dans les assemblées de la république. On relira, à cet égard, avec un intérêt particulier, le chapitre VIII de " Ma vocation sociale " dans lequel le grand orateur donne de larges extraits de ses premiers discours prononcés soit à la Chambre des députés, soit devant des auditoires amis.
  Comme ils devaient être médusés, le 16 novembre 1878, nos députés républicains, en écoutant ce qu'Albert de Mun a appelé sa "déclaration de guerre à la Révolution"!
  Pour notre part, c'est bien éveillés et vibrants que nous écouterons à nouveau ces paroles salutaires : "La Révolution n'est ni un acte, ni un fait, elle est une doctrine sociale, une doctrine politique, qui prétend fonder la société sur la volonté de l'homme au lieu de la fonder sur la volonté de Dieu... La Contre-Révolution, c'est le principe contraire, c'est la doctrine qui fait reposer la société sur la loi chrétienne" . (Ma vocation sociale, chap.III, "La Contre-Révolution").

   Peu après cette intervention énergique, Albert de Mun eut l'honneur et la joie de recevoir, du Comte de Chambord, une lettre écrite de Frohsdorf, le 20 novembre 1878, dans laquelle le grand éxilé lui assurait que l'avenir appartenait désormais aux "héros de foi et de courage" qui comme lui ne craindraient pas de "dire en face à la Révolution triomphante ce qu'elle est dans son essence et dans son esprit et à la Contre-Révolution ce qu'elle doit être dans son oeuvre de réparation et d'apaisement".
  Cette profession de foi de contre-révolution politique était complémentaire dans son esprit d'une profession de foi de contre-révolution sociale. Ce fut dans un grand discours prononcé à Chartres, au soir d'un pèlerinage à Notre-Dame, qu'il exposa les grandes lignes de la doctrine et du programme du corporatisme chrétien, non sans avoir développé auparavant une réfutation en règle du socialisme et du libéralisme : "Non, non, nous ne sommes pas, et nous ne seront jamais des socialistes. Le socialisme, c'est la Révolution logique, et nous sommes la Contre-Révolution irréconciliable. Il n'y a rien de commun entre nous, mais entre ces deux termes, il n'y a pas de place pour le libéralisme" .

  Ce discours, comme on s'en doute bien, n'eut pas l'heur de plaire aux catholiques des droites libérales et conservatrice mais il entraîna l'adhésion de tous ceux qui avaient soif de la vraie justice sociale.  Et leur choix ne fut pas vain car Albert de Mun n'était pas seulement un très grand orateur, c'était un juriste consommé et un avocat fort habile des justes revendications ouvrières. A la tête de l'équipe des catholiques sociaux, c'est lui qui est à l'origine de la législation du travail en France.
  C'est lui qui a déposé le premier projet de loi sur les syndicats (il s'agissait de créer des syndicats mixtes où auraient coopéré ouvriers et patrons) ; c'est à lui, et non aux députés républicains, trop souvent partisans du statu quo, que nous devons aussi les lois ou les premières propositions de loi sur le repos dominical (1883), sur le salaire minimum légal (1888-1909), sur la réglementation de la durée du travail (1889) et sur la suppression du travail de nuit des enfants et des femmes (1891), sur les retraites (1886), les assurances sociales (1892), les accidents du travail (1893), le patrimoine syndical (1895), etc...

  Outre cette magnifique oeuvre parlementaire, Albert de Mun s'est attaché à propager, à l'exemple de Maurice Maignen, la doctrine du corporatisme catholique dans les milieux ouvriers grâce à une association "L'oeuvre des cercles catholiques d'ouvriers" , qu'il fonda avec son maître le marquis de La Tour du Pin et dont il fut longtemps le président.
  Il fut aussi le fondateur de l'Association catholique de la jeunesse française (A.C.J.F).
  Le comte Albert de Mun a rendu de trop éminents services aux ouvriers et à la société tout entière pour que l'on puisse mettre en doute son appartenance à la Contre-Révolution, malgré son adhésion à la République, en mai 1892.
  S'il se rallia à la République, ce fut, comme il s'en explique dans "Ma vocation sociale" , pour conformer son attitude aux recommandations que Léon XIII venait de formuler le 20 février 1892 dans son " Encyclique aux français" , plus connue aujourd'hui sous le nom d' "encyclique du ralliement" .

  Quelque regret que ce ralliement puisse inspirer, il faut se rappeler l'influence de Léon XIII sur l'engagement d'Albert de Mun et son rôle auprès des hommes de l'école des catholiques sociaux pour qui il fut, lit-on dans "Ma vocation sociale" , "le père le plus encourageant, le protecteur le plus généreux" .
  Il faut songer aussi que l'influence fut réciproque. L'école du catholicisme social a aidé l'Église dans son travail de réflexion sur la question sociale au XIXème siècle et sur les solutions à y apporter. Albert de Mun nous apprend lui-même que le pape Léon XIII lui demanda de lui fournir un "mémoire spécial" pour l'aider à la mise au point de "Rerum novarum" (encyclique du 15 mai 1891).

  Quoi qu'il en soit, les contre-révolutionnaires n'oublieront pas qu'avec Albert de Mun, avec celui qu'on a si justement appelé "le chevalier du Syllabus" , la Contre-Révolution a réussi une bienfaisante percée dans la législation de la République.

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08 juin 2006

Les origines de la Législation sociale en France

  A la pointe des revendications en faveur de ceux qui avaient la vie la plus difficile, les catholiques sociaux étaient en avance sur leur temps. Ils l'étaient avec une mentalité - conservatisme moral, paternalisme, respect des hiérarchies sociales - qui leur est reprochée par l'historiographie de gauche, a fortiori par celle qui croit à la lutte des classes inévitable. On l'a dit, les gros bataillons n'étaient pas de leur côté. Mais si on avait écouté ces esprits lucides et courageux, et si la bourgeoisie de la révolution industrielle n'avait pas montré une telle indifférence à la question ouvrière, la France n'aurait peut-être pas hérité de cette maladie qui consiste à aborder tout litige social par la voie du conflit.

Relevé chronologique de 1841 à 1922:

les_origines_de_la_legislation_sociale_en_France

Nous limitons ce relevé aux principales propositions de loi ou lois, sans vouloir être exhaustifs et sans mentionner les interventions au Parlement.

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10 juin 2006

Frédéric Le PLAY (1806 - 1882)

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  Pierre-Guillaume-Frédéric Le Play naît à La Rivière-Saint-Sauveur près de Honfleur le 11 avril 1806. Sa mère et lui même sont entretenus par un prêtre, qui pourvoit également à ses études. Il part pour Paris à l'âge de dix-huit ans pour y suivre les cours du Collège Saint-Louis, de l'Ecole polytechnique et finalement de l'Ecole des mines où il obtient le titre d'ingénieur en chef de 1ère classe, après deux ans seulement, avec la meilleure note jamais obtenue dans cette école. Il obtient la permission d'entreprendre un voyage de deux cents jours en Prusse et dans d'autres états allemands pour y étudier l'organisation du travail dans les mines. Il recueille là ses premières impressions sur le monde ouvrier et ses réalités sociales. Sa carrière revêt dès lors un double aspect : d'une part il se consacrera à l'enseignement et à l'étude de la stricte métallurgie, et il s'attachera à l'observation des faits sociaux d'autre part en tentant d'établir des solutions relatives à l'établissement d'un ordre social entre patronat et ouvriers. En 1830, il est nommé professeur de docimasie, puis sous-directeur et inspecteur des études à l'Ecole des mines, fonctions qu'il exercera jusqu'en 1850. Durant cette période, il entreprend de nombreux voyages en Europe : en Espagne où le gouvernement le nomme responsable de l'établissement d'une carte géologique du pays; il est envoyé par Louis-Philippe en 1835 en Belgique pour y traiter des problèmes douaniers avec la France; en 1837, il est appelé par le Tsar Nicolas II en Russie pour y explorer des terrains carbonifères... Lors d'un deuxième voyage en Russie en 1844, il rencontre le prince Demidov qui lui confie la restructuration de ses exploitations minières dans l'Oural qui exploitent 45'000 ouvriers. Cette notoriété, sur les plans scientifiques, administratifs et organisationnels, lui vaut d'être nommé commissaire général de l'Exposition universelle de 1855, responsable de la section française de l'exposition de Londres en 1862, et surtout de l'organisation de celle de Paris en 1867. Il crée en 1856 la Société d'économie sociale, publie en 1864 La Réforme sociale, rédigée sur la base de notes prises lors de ses voyages et enquêtes à l'étranger, et est nommé sénateur en décembre 1867. Napoléon III l'a en estime, sa notoriété est reconnue dans le monde des sciences techniques et dans celui de la sociologie naissante. Il se retire de la vie active en 1870 et meurt à Paris en 1882.

  "Nous devons à nos ouvriers plus que le salaire. "

  Selon Le Play, une amélioration de la condition ouvrière ne peut se faire que par le biais d'une "réforme sociale" par en haut. Etant donné que l'ouvrier se trouve à la base de la production industrielle, il y va de l'enjeu de toute l'industrie. Cette réforme doit donc être avant tout morale, par l'application des principes judéo-chrétiens exposés dans le Décalogue. Cette idée peut être appliquée à l'échelle de toute cellule sociale : le progrès social repose sur une restauration de l'autorité du chef sur le groupe, du patron dans l'entreprise, du père dans la famille. On qualifie cette théorie de paternalisme. Elle oppose au principe de coercition alors en vigueur, celui d'une tutelle reposant sur des valeurs humaines et chrétiennes telles que la compréhension et l'altruisme.

  Dans le but de diffuser ses idées, Le Play crée la Société internationale des études pratiques d'économie sociale, en 1856, qui regroupe des personnalités politiques du Second Empire; il institutionnalise en quelque sorte la sociologie leplayenne. Il favorise la multiplication de cercles ouvriers catholiques après s'être penché sur l'étude des corporations allemandes, et crée des unions de la paix sociale. Il fonde en 1881 la revue la Réforme .

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13 juin 2006

LIBERALISME, ETATISME, COMMUNISME...Autant de formes de tromperies qui ne changent rien à la condition prolétarienne.

 

  Il va sans dire que les travailleurs de France, transformé du jour au lendemain en prolétaires par la Loi LE CHAPELIER, ne mirent pas longtemps à ressentir à quel point la fameuse " Liberté du travail " avait fait d'eux moins que des esclaves.

  En état de Légitime défence et, en dépit des interdistions de décret du 14 juin 1791, ils cherchèrent à se grouper.
  Après les décades de luttes farouches et sanglantes, ils obtinrent - enfin - par la loi du 21 mars 1884, le droit de se syndiquer.
  Mais, si cette loi permettait - partiellement du moins - une relative et progressive amélioration des effets de la dissociation révolutionnaire du Travail et du Capital, elle n'apportait - par contre - aucune solution à ses causes.

...Elle codifiait même la distinction des classes.

  Les ouvriers avaient leurs syndicats ?
  Les patrons eurent les leurs !...

...Et la luttes continua de plus belle !... Le prolétariat aussi !...

  Il faut, du reste, bien comprendre que la démocratie électorale a tout intérêt à voir durer ce combat.
  La lutte des classes est, en effet, la véritable "tarte à la crème " des politiciens et des syndicalistes du système : les uns prospèrent dans la "défense de la classe ouvrière ", les autres, dans celle des " bourgeois " !
  Mais, à vrai dire, " bourgeois " et " ouvriers " y perdent : les premiers, tout ou partie de leur tranquilité et de leurs avantages par suite des grèves, " lock out ", ingérences étatiques et syndicalistes diverses ; les seconds plus encore, hélas ! puisque ce combat permanent - à côté des quelques gains obtenus - risque toujours d'aller pour eux jusqu'à la perte, pure et simple, de leur pain quotidien par le chômage ou par la faillite de leur entreprise.

  Devant cet état de chose catastrophique pour les travailleurs, certains penseurs et philosophes en sont venus à la conclusion qu'en supprimant le Capital on supprimait, du même coup, l'exploitation des travailleurs, ainsi que la ruineuse lutte es classes. Ces penseurs ont, par conséquent, préconisé le collectivisme marxiste.
  Sans vouloir entrer dans de vaine polémique, on est bien obligé de reconnaître - si l'on veut rester objectif - que cette formule économique et sociale, peut-être flatteuse et théoriquement satisfaisante pour l'esprit, a totalement échouée dans la pratique. En efft, et loin de supprimer le prolétariat là où elle a su politiquement s'imposer, elle n'a fait - au contraire - que de l'étendre à tous !...

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  Pour nous, c'est ce qui la condamne irrémédiablement.
  En outre, loin de fare disparaître le Capitalisme, ell à instauré un exclusif upercapitalisme d'Etat, finalement bien plus implacable, bien plus anonyme, bien plus " aliénat " encore que le Capitalise privé.
  En fait, l'expérience collectiviste - là où ellea été tentée - a surtout démontré d'une part, que le Capital (quelle que soit sa forme) est l'élément complémentaire obligatoire du Tavail et, d'autre part, que le prolétaire vivant dans une économie libérale n'a rien à envier au prolétaire intégré à une économie marxiste.

...Une seule chose diffère réellement entre ces deux systèmes. Dans le premier cas, la lutte des classes continue à commettre ses ravages alors que, dans le second, où le seul et unique syndicat autorisé est le syndicat officiel et où les grèves sont - de ce fait - farouchement interdite par l'Etat-Patron, il découle de source que la lutte des classes y est (théoriquement du moins) éteinte...faute de combattants!
  Et c'est pourquoi il n'est pas tellement bizarre de voir tant de patrons et du supercapitaliste " privé " apporter leur appui financier aux idées, aux journaux, aux groupements marxistes. Pensez-dons, un régime où il suffit d'être à la bonne place dans le Supercapitalisme d'Etat...pour ne plus avoir à se soucier des récriminations ouvrières et syndicales !...Quelle aubaine !...

  Toutefois, certains théoriciens, un peu effarouchés tout de même par les excés du Collectivisme marxiste ou léniniste, préconisent un statut intermédiaire entre le libéralisme économique et la société communiste.
  Dans ce système les petites et les moyennes entreprises demeurent - provisoirement du moins - entre les mains de leurs propriétaires. Les très grosses sont, progressivement absorbées, soit par la Banque et la Finance, soit par l'Etat.
  Cette théorie présuppose - évidemment - que l'Etat soit un génie omniscient t omnicompétent dans des domaines aussi divers que l'extraction du charbon, la gestion d'n hôtel et la conduite d'un autobus, par exemple.
  Comme - bien entendu - il n'en est rien, l'expérience prouve surabondement que les entreprises contrôlées par l'Etat laissent le plus souvent des pertes - parfois énormes - on sont, pour le moins, d'une rentabilité nettement inférieur à celle de la moyenne des entreprises privées.

  D'autre part, les travailleurs des entreprises étatisées demeurent - la plupart du temps - des prolétaires eux aussi, prolétaires qui ne doivent du reste pas être beaucoup plus satisfaits de leur sort que ceux du secteur privé... et qui le sont même, sans doute, beaucoup moins, si l'on juge par les meetings protestataires, les défilés récriminatoires et les grèves de contestation.
  Une gestion aussi catastrophique entraînant fatalement des déficits, la seule manière  de combler ces derniers, consiste évidemment pour l'Etat à avoir recours à l'impôt !... Et c'est ce qui permet au téléspectateur français - par exemple - de payer deux fois, sous forme de redevance annuelle et sous forme d'impôt direct supplémentaire, pour des émissions q'il n'a - finalement - pas pu voir ... pour cause de grève !.

  Pour nous résumer, il est donc possible de dire que le libéralisme économique engendre l'étatisme, lequel conduit tout droit au Socialisme et au Communisme ... sans qu'aucun d'eux ne libère le Travail de sa condition prolétarienne !.
  Quelle est - par conséquent - la seule condition qui pourrait permettre d'atteindre ce but?
  C'est, évidemment, celle qui donnerait au Travail la possibilité de devenir, à son tour, " propriétaire de quelque chose " dans la communauté de production, tout comme le Capital est déjà propriétaire de ses actions, de ses locaux, de ses machines et de ses matières premières.

  Or, il se trouve que chaque travailleur est déjà - dans la pratique - propriétaire d'un bien qui lui est propre : son métier. Il suffit donc que cette propriété soit officiellement reconnue et légalisée pour le faire sortir du prolétariat.
  Mais, il va sans dire, que le droit à la " Propriété du Métier " n'a jamais été reconnu aux travailleurs, ni par la révolution bourgeoise, ni par la révolution marxiste, ce qui n'a rien de surprenant du reste puisque ces prétendues révolutions n'ont jamais été autre chose - en fait - que le masque derrière lequel se cache le supercapitalisme " privé " et " socialiste ".

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CORPORATISME FRANCAIS ET COMMUNAUTES NATURELLES

mar19108

  En France, le Corporatisme traditionnel c'est le groupement volontaire, à l'intérieur d'une même communauté, de tous les membres d'une Profession déterminée (Patron, ouvriers, cadres etc...).
  Il est - en effet - tout-à-fait évident que tous les membres d'une même profession ont pour le moins, entre eux, un intérêt primordial commun : la survie de leur profession.

  Il est, par conséquent, logique et naturel que ceux qui, de leur côté, vivent de cette profession se groupent pour discuter ensemble des meilleurs moyens de la faire prospérer et grandir et, si besoin est, de la défendre.
  Mais il y a longtemps que cette signification simple et claire du Corporatisme Français authentique a été déforméeet falsifiée dans le langage et dans les esprits.
  D'une organisation éminemment " démocratique " (au sens originel du terme ) au départ, les " corporations " ont évolué depuis la Révolution de façon divergente, au point de devenir pratiquement le contraire de ce qu'elles étaient jadis, c'est-à-dire, par exemple, des organismes exclusivement patronaux, comme certains trusts américains  (Union Banking Corporation ) , ou des entreprises entièrement étatiques, comme les Kolkoses soviétiques.

  C'est donc en jouant sur ces divers emplois abusifs du terme corporatisme que le régime républicain et se complices de la Finance, des partis et du syndicalisme politisé s'acharnent, en l'accusant de " féodalisme " , de " pré-capitalisme " , de " paternalisme " ou, suprême injure, de " fascisme ", à jeter le discrédit sur une forme d'organisation sociale qui est, en réalité, la propriété exclusive du peuple des travailleurs français.
  Le Corporatisme représente, en effet, l'ultime bastion dans lequel pourraient encore se retrancher de nos jours les dernières libertés individuelles, économiques et sociales, devant les assauts de plus en plus mortels et conjugés des collectivismes supercapitalistes " privés ", " étatiques " et " marxistes ".
  Mais, pour bien comprendre les origines, les moyens et les buts d'un Corporatisme Français adapté aux impératifs de la vie moderne, il est nécessaire de préciser les bases sur lesquelles il s'est édifié.

  Il convient donc, tout d'abord, de rappeler avec force que " l'homme seul n'existe pas ". En effet, l'être humain - dès sa naissance - ne peut survivre que dans des communautés. La première d'entre elles est, bien entendu, la famille.
  De son côté, la famille ne peut vivre, travailler et s'épanouir isolément. Il lui faut l'appui d'autres familles parlant la même langue qu'elle et partageant le même mode de vie, avec lesquelles elle constitue progressivement une société commune et des groupes communs : clans, tribus, cités, régions, nations.
  D'autre part, il est évident pour tous que l'espèce humaine ne tarderait pas à périr si elle cessait de produire ce qui lui est nécessaire pour vivre. Le travail est donc indispensable à l'humanité.
  Mais un travail, un métier, doivent s'apprendre. L'homme se trouve, de ce fait, solidaire des autres hommes de son groupe ou de sa communauté excerçant le même métier que lui ; solidaire de ceux auxquels il l'apprendra demain.

  Pour nous résumer, il apparaît donc clairement que la vie de l'homme ne peut se concevoir individuellement et isolé, mais rigoureusement dépendante au contraire de trois communautés naturelles de base qui sont : la Famille, le Cité et le Métier.

  Prétendre privilégier l'une en négligeant - ou pire, en dissolvant - les autres, est une utopie mortelle qui mène, infailliblement, notre civilisation à sa ruine.

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24 juin 2006

ABC du royalisme social

L'ABC du royalisme social a été rédigé par Firmin BACCONNIER en 1909! Ce texte présenté sous forme de questions-réponses, est une très bonne approche de la politique et de l'état d'esprit des royalistes sur la question sociale au début du siècle dernier.
  Même si ce texte n'est plus forcément d'actualité, il n'empêche que certaines solutions proposées pourraient être encore envisageables de nos jours!

ABC du royalisme social :

ABC_du_royalisme_social

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apr061262

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