Le royalisme social

Site documentaire sur l'histoire de la politique sociale royaliste en France.

10 juin 2006

Frédéric Le PLAY (1806 - 1882)

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  Pierre-Guillaume-Frédéric Le Play naît à La Rivière-Saint-Sauveur près de Honfleur le 11 avril 1806. Sa mère et lui même sont entretenus par un prêtre, qui pourvoit également à ses études. Il part pour Paris à l'âge de dix-huit ans pour y suivre les cours du Collège Saint-Louis, de l'Ecole polytechnique et finalement de l'Ecole des mines où il obtient le titre d'ingénieur en chef de 1ère classe, après deux ans seulement, avec la meilleure note jamais obtenue dans cette école. Il obtient la permission d'entreprendre un voyage de deux cents jours en Prusse et dans d'autres états allemands pour y étudier l'organisation du travail dans les mines. Il recueille là ses premières impressions sur le monde ouvrier et ses réalités sociales. Sa carrière revêt dès lors un double aspect : d'une part il se consacrera à l'enseignement et à l'étude de la stricte métallurgie, et il s'attachera à l'observation des faits sociaux d'autre part en tentant d'établir des solutions relatives à l'établissement d'un ordre social entre patronat et ouvriers. En 1830, il est nommé professeur de docimasie, puis sous-directeur et inspecteur des études à l'Ecole des mines, fonctions qu'il exercera jusqu'en 1850. Durant cette période, il entreprend de nombreux voyages en Europe : en Espagne où le gouvernement le nomme responsable de l'établissement d'une carte géologique du pays; il est envoyé par Louis-Philippe en 1835 en Belgique pour y traiter des problèmes douaniers avec la France; en 1837, il est appelé par le Tsar Nicolas II en Russie pour y explorer des terrains carbonifères... Lors d'un deuxième voyage en Russie en 1844, il rencontre le prince Demidov qui lui confie la restructuration de ses exploitations minières dans l'Oural qui exploitent 45'000 ouvriers. Cette notoriété, sur les plans scientifiques, administratifs et organisationnels, lui vaut d'être nommé commissaire général de l'Exposition universelle de 1855, responsable de la section française de l'exposition de Londres en 1862, et surtout de l'organisation de celle de Paris en 1867. Il crée en 1856 la Société d'économie sociale, publie en 1864 La Réforme sociale, rédigée sur la base de notes prises lors de ses voyages et enquêtes à l'étranger, et est nommé sénateur en décembre 1867. Napoléon III l'a en estime, sa notoriété est reconnue dans le monde des sciences techniques et dans celui de la sociologie naissante. Il se retire de la vie active en 1870 et meurt à Paris en 1882.

  "Nous devons à nos ouvriers plus que le salaire. "

  Selon Le Play, une amélioration de la condition ouvrière ne peut se faire que par le biais d'une "réforme sociale" par en haut. Etant donné que l'ouvrier se trouve à la base de la production industrielle, il y va de l'enjeu de toute l'industrie. Cette réforme doit donc être avant tout morale, par l'application des principes judéo-chrétiens exposés dans le Décalogue. Cette idée peut être appliquée à l'échelle de toute cellule sociale : le progrès social repose sur une restauration de l'autorité du chef sur le groupe, du patron dans l'entreprise, du père dans la famille. On qualifie cette théorie de paternalisme. Elle oppose au principe de coercition alors en vigueur, celui d'une tutelle reposant sur des valeurs humaines et chrétiennes telles que la compréhension et l'altruisme.

  Dans le but de diffuser ses idées, Le Play crée la Société internationale des études pratiques d'économie sociale, en 1856, qui regroupe des personnalités politiques du Second Empire; il institutionnalise en quelque sorte la sociologie leplayenne. Il favorise la multiplication de cercles ouvriers catholiques après s'être penché sur l'étude des corporations allemandes, et crée des unions de la paix sociale. Il fonde en 1881 la revue la Réforme .

Posté par Le CRAF à 18:18 - 2 - Frédéric Le PLAY - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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